Le dialogue citoyen n’est pas un outil de propagande électorale

La participation des habitant·es est un sujet qui touche la quasi-totalité des compétences municipales. En cela, et parce qu’il se situe parmi les leviers les plus importants du renouveau démocratique, il bouscule, fédère, divise parfois, mais il impacte durablement nos politiques publiques.

En ces temps de campagne électorale, on le voit fleurir sur tous les programmes, comme une caution « éthique » des mesures proposées par les différents mouvements politiques.

Il s’invite aussi dans les débats et réunions comme ici sur TéléNantes lors du « Débat de Rezé ».
À revoir en intégralité en cliquant ici : https://youtu.be/LM64zc31N3Y?si=GBidQXXmoBkNqgez

Expérimenter de nouveaux outils, renouveler les instances de dialogue, c’est une mission passionnante !
Pour autant, inscrire la participation citoyenne au cœur d’un programme nécessite de s’interroger sur les limites techniques et financières, la capacité à faire de nos agents, la marge de manœuvre qu’auront réellement les habitant·es pour infléchir tel ou tel sujet, la complémentarité entre les actions métropolitaines et municipales…
Le dialogue citoyen est un contrat passé avec les habitant·es : nous vous proposons de donner de votre temps si nous avons l’assurance qu’il ne sera pas perdu.

Au quotidien, le dialogue citoyen se nourrit avant tout des rencontres de terrain entre les habitant·es et leurs élus.

Les élus de quartier assurent un rôle essentiel : il font le lien, en cœur de quartier, entre la municipalité et les habitant·es en proximité. Quartier Château, l’élue, pour ne citer qu’elle, a assuré une permanence toutes les semaines pendant six ans. C’est sur la durée, et par la récurrence des rencontres, que se tisse la confiance, que s’exerce une veille de qualité et que s’ajustent nos actions.

Que la ou le Maire descende une fois par semaine dans la rue, qu’elle ou il discute avec les uns ou les autres, cela ne suffit pas ! Aujourd’hui notre mission première est de récolter la parole de ceux qui ne se sentent pas légitimes à donner leur avis, ceux qui n’oseront jamais s’adresser aux élu·es spontanément… C’est en multipliant les temps et les lieux de rencontre, en se rendant accessible naturellement, que la parole de toutes et tous pourra être prise en compte et que chacun·e pourra se positionner “en connaissance de cause”. C’est une mission primordiale : être moteur d’émancipation et de mieux être dans la vie quotidienne, sur notre territoire. Veiller à échanger avec toutes les générations et toutes les classes sociales.

Ces six années nous ont permis de développer les rencontres de quartier avec le bus citoyen, de nous poser pour échanger avec les habitant·es dans toutes sortes de lieux, dans des quartiers parfois peu sollicités, et lors d’événements rassembleurs… Nous avons aussi bousculé la forme des réunions publiques de quartier annuelles pour qu’elles cessent d’être uniquement descendantes, qu’elles offrent la possibilité à chacun·es de s’exprimer et d’échanger avec les élu·es, sous la forme des “forums citoyens”. Alors bien sûr, toutes ces nouvelles expériences de rencontres mobilisent plus les élu·es qu’avant, c’est à ce prix que le lien se crée.

Demain, de nombreux défis nous attendent. La fluidité et la lisibilité du dialogue entre la municipalité et les habitant·es doit se renforcer : nous nous engageons à améliorer le traitement des messages reçus, des questions posées, avec une réactivité plus vive, plus claire, plus efficace.

Notre boussole, c’est la transparence et le pouvoir d’agir.

“Si nous mettons en place un outil participatif sur un sujet donné, et à un moment donné, dans un contexte donné, les citoyen·nes auront-ils réellement le pouvoir de décision ? Auront-ils les moyens de faire entendre concrètement leur voix ? Pourrons-nous leur offrir une tribune qui leur permettra de défendre l’intérêt général ?”
Ce sont les questions fondamentales qui nous ont guidés durant tout ce mandat, et que nous continuerons de porter. Nous nous sommes engagés, et nous continuerons à le faire, à solliciter le temps et l’énergie des habitant·es à chaque fois que nous avions l’assurance que leur contribution allait infléchir les projets. Il s’agit avant tout de respect des personnes qui s’investissent, et d’éthique politique.

Les exemples sont nombreux. Pour n’en citer que quelques-uns :

La place Odette Robert, quartier Château

Notre positionnement politique était clair : pour que le projet de rénovation urbaine du Château se dessine sans densité excessive en cœur de quartier, pour que chacun·e puisse se loger dignement, que la vie associative, les services publics et les commerces de proximité puissent s’ancrer, pour que nous luttions activement contre les îlots de chaleur, pour que des espaces publics de qualité puissent fleurir, et enfin pour que le quartier s’ouvre, se mêle aux quartiers résidentiels autour afin que la vie quotidienne permette l’échange, les rencontres et une dynamique nouvelle, la place Odette Robert devait être interrogée.
Des voix d’habitant·es se sont élevé·es. Le possible déplacement du marché a fait réagir, vivement.
Nous avons alors pris la décision de stopper le projet urbain le temps de concerter les habitant·es. Nous sommes allés sonner aux portes en cœur de quartier, rencontrer les passants place François Mitterrand et dans les rues du quartier, pour chercher les voix de ceux qui ne s’expriment pas, et qui sont pourtant les premiers concernés par le sujet. Nous avons laissé des places au sein des ateliers prévus au collectif qui ne voulait pas de constructions sur la place… Le panel d’habitant·es ainsi constitué a tranché : le marché restera sur la place, les constructions seront partagées entre “Lacheneau” et Odette Robert, la hauteur des bâtiments sera maitrisée, et des espaces végétalisés prendront place.
De notre côté, avant la concertation, nous défendions l’installation du marché place François Mitterrand ou sur Lacheneau, auprès des commerces et de la brasserie, en cœur de quartier pour que chacun·e puisse s’y rendre. Ce ne sera pas le cas, et c’est l’avis citoyen qui l’a décidé.

Les quais de Trentemoult

Alors que le pôle métropolitain avait proposé, en accord avec la Ville, d’expérimenter la piétonnisation du quai sur quelques mois, pour sécuriser les déplacements doux et rendre l’espace plus paisible, nous avons fait le choix de concerter, toujours en veillant à une représentativité la plus juste possible (commerçants, parents d’élèves, artisans, représentants de l’association “Trentemoult Village”…) Les usagers du quai sont ceux qui le vivent au quotidien. Ils ont pris la décision de garder l’espace en “zone de rencontre”, en mettant en avant que l’accès au quai aux voitures était nécessaire pour les habitant·es du quartier. Ce que nous avons respecté.

Le Manoir de Praud

Le risque de voir le Manoir de Praud -bien connu des Rezéen·nes- “mis en péril” et donc a fortiori détruit devenait de plus en plus prégnant, après des années d’inoccupation. Suite à de nombreuses sollicitations et contributions habitantes, et suite à une consultation menée à l’échelle de la Ville sur le sujet, il nous est apparu clairement que ce lieu emblématique devait renaître de ses cendres. Mais pas à n’importe quel prix, ni financier ni programmatique. C’est après un travail avec un panel d’habitant·es que s’est écrit le cahier des charges de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la Ville. Tiers-lieu, économie sociale et solidaire, ouverture sur le quartier et la ville, respect du voisinage et espace de rencontre sont les éléments principaux qui en sont ressortis. La dépense publique est maîtrisée : la Ville ne gérera pas le lieu, parce qu’engageant trop de dépenses au regard des urgences de rénovation énergétique, de mise aux normes et d’optimisation des équipements auxquelles nous avions à faire face. L’apport de subventions publiques conséquentes et l’amortissement prévu via la redevance du futur exploitant ont aussi permis de réduire l’investissement Ville.

Bien sûr, la liste d’exemples est longue, comme la conférence et la consultation citoyennes sur la tranquillité publique, la création d’un comité funéraire pour faire évoluer la place de la mort au sein de la Cité, le parc des Mahaudières – Jacques Floch repensé totalement, en concertation avec les habitant·es et acteurs du quartier, la nouvelle “Fête de la Vill

Et il reste beaucoup à faire !

La place Sémard et le poumon vert qui se dessine en proximité ne se fera pas sans les habitant·es ; l’espace de l’ancien EHPAD Plancher, devenu vacant, peut devenir un formidable lieu à coconstruire ; la Brasserie du Château, dont nous venons de reprendre la gestion, se nourrira d’initiatives citoyennes et associatives pour que chacun·e y trouve sa place, l’Espace Diderot deviendra un lieu dédié à la culture, aux transitions, aux débats…
Les idées ne manquent pas. Celles que nous défendons aujourd’hui pour les années à venir sont sécurisées par notre capacité à faire et le pouvoir d’agir des habitant·es qui s’y inscriront.

Expérimenter : pour toujours plus de transparence et d’initiatives citoyennes

Le mandat qui s’achève a permis de mettre en place des instances nouvelles, expérimentales et porteuses de vraies évolutions pour l’avenir…

L’observatoire des engagements

À la faveur d’un tirage au sort effectué parmi la population rezéenne, nous avons réuni un panel d’habitant·es chargé·es d’observer la mise en œuvre de notre projet de mandat. Ils ont eu accès à toutes les données dont ils avaient besoin, ont eu une totale liberté sur les sujets choisis, et une carte blanche dans le Rezé Mensuel pour faire part de leurs conclusions à la population rezéenne. Ils ont aussi été conviés aux réunions de quartier de mi-mandat, pour faire part de leur expérience à leurs concitoyen·nes. Nous nous engageons à poursuivre l’expérience, la diffuser plus largement, et nous nourrir de leurs retours pour enrichir nos actions.

Les enveloppes de quartier

Plus communément appelés “budgets participatifs”, les enveloppes disposent par quartier d’un budget alloué à l’initiative citoyenne qui remportera l’adhésion, par un vote à l’échelle de la ville, du plus grand nombre d’habitant·es. Les deux éditions réalisées sur ce mandat ont mis en lumière la capacité de toutes et tous à se fédérer autour d’un projet citoyen. Elles ont permis à notre équipe de se confronter à des initiatives qui n’auraient pas forcément été portées par nous… Et c’est le jeu démocratique ! Nous avons le projet de les faire perdurer, pour que petit à petit, le territoire se maille d’équipements, de mobilier, d’événements choisis et portés par les citoyen·nes. Une mention particulière à la jeunesse : les projets jeunes ont suscité de l’engouement et ont permis aux porteurs des projets d’accéder à la citoyenneté grâce à une formation accélérée ! Celle de défendre son idée, d’en comprendre les contraintes, de l’adapter pour l’intérêt général… Sensibiliser la jeunesse aux institutions et à l’implication citoyenne, c’est accompagner les citoyen·nes adultes de demain.

Nous sommes prêts à renforcer l’implication habitante et expérimenter de nouvelles pratiques. Faire mieux, faire avec, encore et toujours plus.

Parce que la démocratie représentative se nourrit du participatif au jour le jour et que la parole habitante au quotidien permet d’ajuster nos actions.

Chaque instant passé à échanger, débattre, comprendre et s’exprimer nous permet à toutes et tous de grandir et respecter la différence.

Municipales 2026 – « Le Débat de Rezé” sur TéléNantes